Rechercher

La Chronique Vinyle du Major Dude #02

Mis à jour : juin 15

Le 19 juin prochain, alors que les Rolling Stones nous régaleront de leur nouveau titre qui fleure bon les années Mick Taylor, deux autres ténors de la scène rock feront un retour qui s'annonce fracassant.



Le désormais citoyen américain Neil Young sortira un album initialement programmé en 1975 ! Intitulé Homegrown et doté d'une superbe pochette. Il fit, à l'époque, les frais d'une séance d'écoute comparée en compagnie de Rick Danko et Levon Helm du Band. Ils venaient de travailler avec lui sur On The Beach et Neil leur faisait écouter une cassette des morceaux de Homegrown. A la fin de la première face, l'album complet venait de jouer et tout ce petit monde étant dans un état d’euphorie artificielle certaine, il fut décidé d'écouter la deuxième face, constituée des morceaux enregistrés par Crazy Horse sous le titre Tonight's The Night.



Rick Danko fut particulièrement impressionné par ces chansons et convainquit Young que c'était plutôt cet album-ci qu'il fallait sortir. Homegrown resta donc dans les étagères et quelques morceaux furent disséminés sur la compilation Decade et sur les albums American Stars'n Bars, Hawks And Doves et Ragged Glory, souvent dans des versions différentes des originales.


Plusieurs morceaux restent inédits même si certains ont été joués en concert : j'ai eu la chance d'en écouter un en 1993 avec Booker T et les MG's au Zénith de Paris et deux autres au Grand Rex en 2008. La sortie de cet album conçu en 1974 et dont l'esprit est assez proche de Harvest et On The Beach peut paraître incongrue en 2020.


La logique du Loner nous échappe parfois et ses allers-retours incessants entre nouveaux albums (pas tous irréprochables, il faut bien l'avouer) et publications d'archives (toujours enthousiasmantes) peuvent parfois dérouter. Il n'empêche que la publication tardive de cet album aux accents de terroir démontre que le canadien d'alors regorgeait de chansons brillantes et intemporelles, même si la chronique de sa rupture avec l’actrice Carrie Snodgress qui transpire tout au long de ces chansons les marque dans l'histoire du chanteur. Homegrown ressemble donc à une carte postale qui aurait traversé le temps et dont les teintes un peu surannées correspondent aux canons de notre époque .



De son côté, Bob Dylan, lui aussi adepte des allers-retours entre nouveaux albums et publications d'archives, nous revient avec son premier album de nouvelles compositions depuis huit ans. Il avait publié entre-temps des archives passionnantes sur les périodes Blonde On Blonde, The Basement Tapes et ses premiers concerts à New York. Il nous avait également servi trois albums de reprises de chansons interprétées par Frank Sinatra qui n'ont fait que prouver combien ce type d'exercice ne lui convenait pas du tout ! Au troisième album, la plaisanterie commençait même à devenir un peu lourde !



Heureusement, aujourd'hui, après la publication en streaming de trois nouveaux titres, le doute n'est plus permis : le Zim est de retour et dans une forme éblouissante. Le premier morceau partagé, Murder Most Foul a laissé plus d'un fan pantois ! 17 minutes d'un rock passant en revue les cauchemars et les espoirs, les losers et les vainqueurs de l'Amérique depuis l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Un sommet dylanien qui n'écrasera pourtant pas le reste de l'album si l'on en juge par la qualité des autres morceaux déjà entendus.


A noter aussi que ces deux albums sont sertis dans des pochettes magnifiques, pour lesquelles le format vinyle est un must !


Keep spinning ! François Major Dude


Sponsorisé

Découvrez le Jukebox moderne : à partir de 17 900€. En savoir plus.



94 vues