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DIS, QU'EST-CE QUE C'EST, LE DISQUAIRE DAY ?

La Chronique Vinyle du Major Dude #3


Ce samedi 20 juin se tient le Disquaire Day, branche française du Record Store Day international. Avec en parrain, Etienne Daho qui propose un superbe vinyle exclusif, « Surf». Un événement qui fête cette année ses 10 ans, alors que la version internationale avait débuté 3 ans auparavant.

Cette fête des disquaires indépendants est née de la volonté de cette profession, qui survit dans des conditions difficiles depuis le jour où Jack Lang décida que sa loi protégeant les libraires ne serait pas étendue à leur profession. Marges en berne, conditions d'achat drastiques, concurrence de la grande distribution puis d'Internet, fluctuation du marché (tout vinyle, puis tout CD, puis retour au presque tout vinyle), la traversée de ces 30 dernières années fut épique au mieux, mortelle souvent ! Aux Etats-Unis, la situation était encore plus critique au début des années 2000 où même des géants comme Tower Records mordirent la poussière.


Avec l'aide des labels indépendants, un réseau de disquaires décida de créer un événement annuel, le Record Store Day, en 2008. Le principe était  simple : éditer des disques en édition limitée qui seraient distribués dans les boutiques indépendantes en exclusivité. Pas de vente en ligne, pas de vente en grande distribution.


Le succès fut au rendez-vous : dans certaines villes, des files d'attente se constituaient avant même l'ouverture des magasins, et les ventes furent au rendez-vous. Au point qu’en 2011, le Record Store Day débarqua en Europe (Angleterre, Allemagne, Hollande…). En France, il prit le nom le nom de Disquaire Day et obéit aux mêmes principes, sous l'égide du CALIF, Club d'Action des Labels Indépendants Français.


Au fil des ans, le Disquaire Day a remporté un succès de plus en plus grand qui entraîna des dérives par rapport à l'idée de départ : des clients peu scrupuleux spéculèrent en revendant leurs achats, parfois même dans l'heure qui suivait, sur des sites internet. Généralement avec une marge à faire pâlir un spécialiste de l'import/export…. Provoquant le retrait d'artistes comme Paul Weller, indigné par de telles pratiques sur ses propres disques. Autre perversion : les majors du disque s'emparèrent du succès de l'événement pour l'inonder de tirages spéciaux de grandes vedettes. L'esprit pionnier disparaissait au profit du succès populaire et de prix à la hausse.


Aujourd'hui, prendre connaissance de la liste du Disquaire Day nécessite des heures. Il y en a pour tous les goûts, du classique à la variété en passant par le jazz, les musiques de film, et tous les courants du rock et de la pop. Mais une fois la liste parcourue, le choix est pour ma part assez vite fait.



Il y a tout d'abord les artistes dont je suis fan : et ils sont nombreux, OK. Les pressages totalement inédits : qui a besoin d’un 75ème pressage de « Kind Of Blue» ? Il y a cette volonté de privilégier l'esprit premier de cette fête des amateurs de vinyle en choisissant des disques édités par de petits labels. Il y a aussi la surprise de découvrir chez son disquaire un disque que l'on ne connaissait pas et qu’il va nous faire découvrir. Car l'autre but premier de ce Disquaire Day, c'est de retisser les liens entre le dealer de vinyle et ses clients.


Alors, si je vous mets ci-dessous un petit bout de ma sélection personnelle pour 2020, n'hésitez pas non plus à demander conseil à votre disquaire. Parce que venir avec sa liste, c'est bien. Mais se laisser surprendre, c'est mieux.  


DELANEY BLUE, «Stranger in Your Heart»: guitariste chez Johnny Thunders et Daniel Darc, cet album de 2006, folk-rock urbain, n'avait jamais été édité en vinyle.



EMILY LOIZEAU, « Run Run Run, Hommage à Lou Reed» : la chanteuse franco-anglaise reprend ou adapte les chansons de Lou Reed en petite formation intimiste pour le label December Square.



JAY JAY JOHANSON, « Old Dog» : le crooner nordique moderne compile sur cet album les reprises qu'il nous a offertes au long de ces derniers mois sur son site.



ROPOPOROSE, «Dark Star» : le groupe électro français reprend la bande originale du film de John Carpenter. Frissons assurés !




THYLACYNE, «Singles 2 » : le roi de l'ambient en situation (albums enregistres dans un cargo, sur la banquise, dans les cavernes d'Anatolie…) compile quelques  morceaux non inclus sur ses albums ainsi que deux remix monumentaux !



Et partagez avec nous vos trouvailles, dès samedi soir ! Keep spinning ! François Major Dude

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