Les sillons du rap

Dernière mise à jour : août 3

C'est un sujet clivant. Comme le disco en son temps (on se souvient des slogans et des autocollants « No Disco »), le rap a mauvaise presse auprès de nombreux mélomanes et amateurs de musique car considéré comme pauvre musicalement et uniquement préoccupé par une approche textuelle.


Et pourtant… le rap s'inscrit dans une continuité qui, du blues à la funk, du jazz au breakbeat, du rhythm’n'blues à la soul, a bâti son ADN, a nourri sa chair, a irrigué ses veines. Il est l’héritier de Robert Johnson, de Ike Turner, de Ray Charles, de James Brown et bien d'autres.


Et il nous a donné de bien belles occasions de lancer un disque dans le Jukebox et de se déhancher. Car si le texte porte un message, la musique reste souvent un prétexte à la danse. Petit tour d'horizon de quelques unes des références incontournables et historiques du rap US.


L'histoire du rap est intimement liée à l'histoire de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. A ce titre, deux personnalités ont joué un rôle primordial au point d'être des inspirateurs du mouvement musical : Martin Luther King et Malcolm X.


Si le discours du premier, plus pacifique, a inspiré de nombreux artistes soul et funk (Staple Singers, Stevie Wonder, Billy Paul…) il est également présent sous forme de sample chez Grandmaster Flash dès le début des 80’s, KRS-One au début des 90’s et le Wu-Tang Clan un peu plus tard.


Quant à Malcolm X, il fut de nombreuses fois samplé par Public Enemy mais aussi par Gang Starr.


En musique, un sample (ou échantillon) est un extrait sonore récupéré au sein d'un enregistrement préexistant afin d'être réutilisé musicalement pour fabriquer un nouvel ensemble.

L'assassinat des deux hommes à la fin des années 60 a d'autant plus renforcé leur influence sur les musiciens de l'époque, donnant à certains artistes la volonté de reprendre le flambeau à leur façon.


Parmi ceux-ci, les Last Poets et Gil Scott-Heron font figure de pionniers du rap, tant leur poésie urbaine mise en son a donné à entendre les premières notes de ce que l'on appelait pas encore rap.

The Last Poets sont issus de la ville de New York où ils fondèrent le groupe en 1968, le jour anniversaire de la naissance de Malcolm X. Ils déroulent de longs poèmes sur l'imminence de la révolution, stade ultime de la rébellion poétique. L’instrumentation est minimale, souvent uniquement constituée de percussions.


Leur premier album sort en 1970 et connait un certain succès. Le groupe joue principalement à New York et dans la région et publiera plusieurs autres albums dans les années 70.

The Last Poets - chronique vinyle