Paul McCartney & Wings : Gloire et Crash !

Dernière mise à jour : 5 août 2021

Nous sommes début 1974 : « Band On The Run » consacre enfin Paul McCartney et son groupe Wings. L'album truste les premières places des charts dans de nombreux pays et le succès est également critique. Paul décide donc d'enfoncer le clou : il est temps de repartir sur la route, mais cette fois-ci, avec les grands moyens et tout autour du monde.


Bien évidemment, il faut d'abord étoffer le groupe, réduit au trio Paul/Linda/Denny Laine. Il faut donc un batteur et un autre guitariste pour donner vie sur scène à cet album mais également à quelques titres des Beatles que le bassiste ressent à nouveau l'envie de jouer live, huit ans après la dernière tournée des Fab Four.



Le choix du guitariste se fixe sur Jimmy McCulloch, jeune prodige capable d'assurer rythmiques, solos, basses, chœurs avec aisance et fougue. Le batteur sera Geoff Britton, solide gaillard sérieux, calme et métronomique. Les répétitions avancent bien, même si le caractère réservé du batteur commence à dénoter dans l'ambiance festive et fêtarde des Wings.


Cependant, un nouveau titre est enregistré, « Junior's Farm », un morceau mineur qui rappelle plus les approximations de « Red Rose Speedway » que la qualité de « Band on The Run ».

Mais finalement, la tournée ne voit pas le jour tout de suite, le groupe continue de travailler et Paul s'attelle à l'écriture d'un nouvel album dans lequel l'ensemble du groupe aura sa part de travail. 1974 se termine sur ces projets avant que le groupe décolle pour une nouvelle destination début 1975 : la Nouvelle-Orléans, haut lieu du jazz dont le père de Paul était très fan.


Les Wings ont d'ailleurs enregistré une de ses compositions fin 1974, « Walking inThe Park With Eloise », une sympathique curiosité, en résumé.

L'enregistrement se déroule dans une ambiance encore une fois festive qui exacerbe l'antagonisme entre les modes de vie de Paul, Denny et surtout Jimmy (gros consommateur de substances diverses) et Geoff, le batteur karateka qui enregistre en kimono sous l'œil hilare de ses acolytes. Ce qui devait arriver se produit assez rapidement : Geoff Britton claque la porte et c'est Joe English qui le remplace pour terminer les sessions.



A sa sortie, l'album « Venus and Mars » grimpe au sommet des charts des deux côtés de l'Atlantique, tiré par le titre « Listen To What The Man Said », certainement l'une des plus belles réussites post-Beatles de McCartney.



L'album se présente une fois de plus dans une superbe pochette signée cette fois-ci par Hipgnosis (célèbres alors pour leurs réalisations pour Pink Floyd) : sur fond noir, deux boules jaune (Venus) et rouge (Mars). Le dépouillement esthétique conduit encore une fois à l'absence du nom du groupe au recto. A l'intérieur, le design est somptueux et le disque s'accompagne d'un poster et d'autocollants (comme le « Dark Side Of The Moon » du Floyd).


L'album est plus inégal que son prédécesseur.

S'il démarre en trombe avec la très belle ballade éponyme et son enchaînement sur le furieux « Rock Show », « Love In Song », jolie ballade suivie de « You Gave Me The Answer" (exercice jazz années 30 un peu vain) font un peu retomber l'atmosphère. Suivent le très bon clin d'œil aux super-héros « Magneto And Titanium Man » et « Letting Go", un de ces heavy slows dont le bassiste a le secret.


La deuxième face de l'album alterne ensuite les hauts et les bas : la reprise de « Venus And Mars » ne recrée pas la magie du début de la première face et s'enchaîne sur « Spirits Of Ancient Egypt" dont la musique et le texte sombrent dans le ridicule, la voix de Denny Laine achevant le naufrage.


 

Heureusement, c'est le moment que choisit Paul pour passer le micro à Jimmy McCulloch qui délivre un boogie très efficace sur ses problèmes de drogue, « Medicine Jar » qui relance l'album. Paul reprend ensuite le micro pour un « Call Me Back Again » poussif où il hurle inutilement. Le single « Listen To What The Man Said" suit, efficace avant que « Treat Her Gently/Lonely People » et sa belle mélodie calme le jeu avant un dernier instrumental superflu.



Bref, comme le souligne la critique à l'époque, le contenu n'est pas à la hauteur de « Band On The Run » mais les bons morceaux emportent l'adhésion du public qui se rue sur l'album. La fin de l’année 1975 voit donc le début d'une tournée mondiale qui passe par le Royaume-Uni puis l'Australie. L'accueil est particulièrement positif, d'autant que Paul se décide enfin à reprendre quelques titres des Beatles dont « Lady Madonna », « The Long And Winding Road », « Blackbird », « Yesterday » et « I've Just Seen A Face ».


Pour une grande partie du public, c'est la première occasion d'entendre ces titres en public par l'un des membres originaux du gang de Liverpool. Cette première partie de tournée mondiale est seulement assombrie par l'annulation des dates au Japon qui laisse un trou dans la raquette avant la partie américaine prévue en 1976.



Qu'à cela ne tienne : le groupe est chaud, Paul se sent en confiance et il décide de repartir en studio avec quelques compos sous le bras, le reste étant improvisé sur place. Tout se passe très vite si bien que l'album sera intitulé « Wings At The Speed Of Sound » !



La pochette annonce le titre sous la forme des lettrages d'un fronton de salle de concert et la pochette intérieure dévoile une photo du groupe insérée au centre d'un dessin montrant l'entrée d'un petit club avec son videur patibulaire et sa faune interlope. Une façon de prévenir le public américain que le groupe arrive !

L'album est annoncé par le tube, « Silly Love Songs », emmené par une basse sautillante, une mélodie imparable et ponctué de breaks comme on n’en fait plus depuis ! Paul y réaffirme son plaisir à écrire des chansons d'amour simples et un peu nunuches (« what’s wrong with that ? ») à un moment où John a disparu des radars (il est reclus au Dakota, occupé à élever Sean) et ne peut donc plus être mis en opposition à lui comme cela a si souvent été le cas par le passé !


Le vinyle est un succès énorme (il faut dire que les radios FM américains se sont allègrement affranchies des formats de 3 minutes) et à sa sortie, l'album connaît un succès colossal. Paul y continue sa démarche de démocratisation en offrant une plage à Jimmy McCulloch (le très bon « Wino Junko » qui prouve encore l'obsession du guitariste pour les substances et l'alcool) et plusieurs de ses propres titres à chanter pour Linda (« Cook Of The House », shuffle rock délicieusement mysogine), Joe English (« Must Do Something About It », titre soft rock que la voix un peu terne du batteur n'arrive pas à élever au-dessus du niveau du sillon) et Denny Laine qui se voit octroyer une composition et un morceau de Paul.



« The Note You Never Wrote » a du mal à trouver sa vitesse de croisière malgré des arrangements riches et un solo de guitare tranchant de Jimmy McCulloch, mais la voix de Denny n'est pas faite pour relancer la machine. Quant à « Time To Hide », c'est un peu pareil, une composition dont on se demande d'où elle vient et où elle va.

Heureusement, les titres chantés par Paul lui-même sont plus convaincants. L'album s'ouvre sur un long morceau (qui sera aussi le deuxième single à succès) écrit à partir de rien : un échange de phrases anodines (« Qui donc frappe à la porte ? ») sur un leitmotiv de piano rehaussé de batterie militaire puis de cuivres jazzy et de chœurs extrêmement variés qui font que ce titre qui pourrait être simplet devient fascinant d'intelligence musicale.


« She's My Baby » et « San Ferry Anne » sont deux parfaits exemples de ces chansons que les fans de Paul chérissent au plus haut point alors qu'elles n'ont pas de réputation particulière auprès du grand public : deux titres de « fond d'album » qui demeurent à chaque réécoute un bonheur simple de mélodie catchy, d'arrangements jazzy et de vocaux aux petits oignons !



« Beware My Love » prouve s'il en était besoin que Paul a une capacité à faire chauffer les amplis avec bonheur. Même s'il en fait un peu trop avec sa voix, il bénéficie ici d'un superbe soutien rythmique à la wah-wah. À noter qu'une démo avec John Bonham, batteur de Led Zeppelin, est apparue sur les rééditions de l'album il y a quelques années !


Seule faute de goût du bassiste, le morceau de clôture de l'album, « Warm And Beautiful », ballade sucrée où il chante même un peu faux par instants !


Mais dans l'ensemble, l'album tient bien la route, moins fort que « Ram » et « Band On The Run » mais au niveau de « Wild Life » et « Venus And Mars ».

Le groupe est prêt à s'embarquer pour sa tournée américaine, loin de la simplicité de la première tournée du groupe : un avion privé, des camions par dizaines, un éclairage et des lasers à la pointe de la technologie, un système son démentiel et des arènes monumentales.



Ce sera pour le groupe la tournée de tous les superlatifs qui se terminera, après un dernier crochet européen, par la sortie d'un disque gargantuesque dans sa démesure : le triple vinyle « Wings Over America » arbore l'avion du groupe sur la pochette, des photos à n'en plus finir sur les pochettes intérieures, des macarons personnalisés (une caractéristique depuis « Wild Life »), une fresque intérieure digne de Guy Pellaert revu par Stan Lee, un son impressionnant et un prix… à l'avenant à l’époque (80 francs).


Seule ombre au tableau, le choix des titres est discutable, omettant quelques grands morceaux au profit de récents moins intéressants (rien de « Ram » ou de « Wild Life »), les titres des Beatles ne sont pas parmi les plus marquants, on trouve un inédit superflu (« Soily ») et deux reprises étonnantes : « Richard Cory » de Simon and Garfunkel et « Go Now », certes chanté par Denny Laine en 1966 avec The Moody Blues, mais qui sonne curieusement ici.


Bref, ce live permet certes au groupe d'installer une Wingsmania durable outre-Atlantique, mais a l'heure où le punk remet en cause les vieilles gloires du rock, ce triple album digne des plus grands excès des stars du rock progressif marque également une forme de gigantisme qui n'est plus la bienvenue aux yeux des media européens. L’Europe où l'album fait moins de vagues qu'aux USA.


1977 démarre en douceur, Linda étant enceinte et Joe English reparti aux USA. Les membres restant enregistrent quelques titres ensemble dans un studio londonien, mais l'ambiance n'est pas là, d'autant que Jimmy McCulloch devient de plus en plus ingérable. Il est alors décidé de partir enregistrer la suite de ces morceaux dans le Pacifique, à bord de trois bateaux. Linda est là, mais pas Jimmy qui est resté a Londres et rejoint les Small Faces.


Le soleil, l'océan contribuent à la création de morceaux plus cool, plus enjoués, en opposition aux titres plus rock enregistrés à Londres.

L'album « London Town » est prêt à sortir mais auparavant, Paul décide de publier un morceau enregistré seulement avec Denny Laine et un pipe band de cornemuses écossais plus tôt dans l'année : « Mull Of Kintyre », lente ballade en hommage aux paysages des Highlands et de la côte ouest de l'Ecosse fait un véritable carton en radio et en magasin.


Le titre bat le précédent record de vente détenu par les… Beatles depuis 1963 et termine à la première place des charts dans de nombreux pays pour les fêtes de Noël. Il n'y a qu'aux Etats-Unis que le titre plafonne et que la face B, un titre quasi-punky contant les affres d'un pensionnat de jeunes filles, l'excellent « Girls School » remplace finalement la face A sur les ondes et connaît un meilleur sort !

Dans la foulée, l'album « London Town » sort . Il présente un mélange des titres enregistrés dans la capitale anglaise (le macaron de la face A est une photo en noir et blanc de Tower Bridge) et dans le Pacifique (le macaron de la face B arbore le même Tower Bridge ensoleillé). Et la pochette reprend ce cliché avec le trio en premier plan, toujours sans le nom du groupe : trio car Joe English est parti à son tour. Jimmy et Joe sont crédités sur l'album mais ne font plus partie de l'image du groupe, tout comme sur la pochette du hit « Mull Of Kyntire ».

 

Un nouveau vinyle est édité, extrait de l’album : « With A Little Luck », ballade au long cours connait un joli succès. Mais l'album ne contient pas le single précédent et ses deux succès (« Mull Of Kintyre » et « Girls School »), retour à une vieille habitude du bassiste.

Si les critiques de l'album sont mitigées, il contient quelques jolis moments comme le titre éponyme, hommage à la capitale anglaise sous forme d'une superbe ballade orchestrée. « I'm Carrying », toujours dans le registre ballade lente et dépouillée, est un pur moment de grâce suspendue. « Cuff Link » est un étrange instrumental au synthétiseur qui annonce les futurs bidouillages de l'album « McCartney II » et dont on retrouve un écho dans le morceau final de l'album, l'étrange et très réussi « Morse Moose And The Grey Goose ».


« Backwards Traveler », « Deliver Your Children » et « Children Children » sont plaisants sans déclencher les frissons, contrairement à « I've Had Enough », rock aux riffs tranchants et à la voix hurlée comme on les aime chez McCartney. « Girlfriend » est un slow soul que Paul offrira également à Michael Jackson pour son album « Off The Wall », reprise qui connaîtra un joli succés. « Name And Address » est l'un de ces petits rockabilly qui rappellent que le bassiste est aussi fan de Carl Perkins et Eddie Cochran que de Buddy Holly et Little Richard. Les autres titres (« Café On The Left Bank », « Don't Let It Bring You Down » et « Famous Groupies ») sont oubliables.

L'album réalise encore un joli score un peu partout dans le monde même s'il ne se classe pas aux premières loges en Angleterre et aux USA. Le trio pense reprendre la route et engage deux nouveaux musiciens recommandés par Denny Laine : Laurence Juber et Steve Holly. Nous sommes en mars 1978 et l'entente dans le nouveau quintette est telle que Paul décide de repartir en studio enregistrer de nouvelles compositions.

 

Ces sessions déboucheront sur la sortie d'un vinyle fortement influencé par la vague disco : « Good Night Tonight » est en effet un morceau très dansant emmené par une basse funky qui prouve que les albums du groupe Chic ont monopolisé son attention !

Le titre fait un carton aussi bien en radio qu'en discothèque , passage obligé en cette fin de décennie pour les artistes qui veulent garder le contact. La face B, « Daytime Nightime Suffering" est un rock plus classique, sans grande passion mais efficace.


Pour les fêtes de fin d'année 1978, le groupe publie « Wings Greatest », une compilation regroupant des titres extraits d'albums (y compris « Ram » pourtant crédité aux seuls Paul & Linda McCartney) et des morceaux seulement sortis en 45t comme « Junior's Farm », « Hi Hi Hi » et bien sûr « Mull Of Kintyre ».


Le groupe continue son travail studio pendant ce temps, puis récupère Linda après son accouchement avant de publier à la rentrée 1979 l'album « Back To The Egg ».

Encore une fois, la pochette signée Hipgnosis ne mentionne pas le nom du groupe ni celui de McCartney. Le groupe y contemple la Terre depuis la trappe d'un engin spacial, comme une vision de fin d'un monde ou de retour à la matrice si l'on s'en tient au titre de l'album.

Musicalement, c'est également un retour aux sources. Si la patte du bassiste se retrouve tout au long de l'album, le propos est plus rock, les morceaux plus courts et plus tranchants. L'album démarre par un collage sonore censé nous faire pénétrer dans une sorte de réception (clin d'œil à « Sgt Pepper » ? ) puis enchaîne sur « Getting Closer », alternant couplets rock bien balancés et refrain serti dans mes cascades de chœurs. « We're Open Tonight » est une respiration aux airs de « Venus And Mars » immédiatement suivi de « Spin It On », furie punk où Paul s'égosille comme un damné !


La vague punk a laissé des traces. « Again And Again And Again » est vite oubliée car suivie d'une des splendeurs de l'album, « Old Siam, Sir », une mélodie sublime servie par une voix magnifiquement écorchée. Un bonheur n'arrivant jamais seul, le morceau s'enchaîne avec « Arrow Through Me », balade soul que l'on jurerait écrite spécialement pour Stevie Wonder.


La face B démarre par un boogie instrumental exécuté pied au plancher par le groupe accompagné d'un aréopage de stars : David Gilmour (Pink Floyd), Pete Townshend et Kenney Jones (The Who, Keith Moon devant jouer à l'origine est décédé quelques jours avant l'enregistrement), Hank Marvin (The Shadows), John Bonham et John Paul Jones (Led Zeppelin) etc. « Rockestra Theme » sera repris comme indicatif de nombreuses émissions radio à travers le monde et si le morceau est un peu pompier, il est aussi très efficace.


La suite l'est moins avec trois morceaux peu inspirés qui nous font accueillir le deuxième morceau enregistré avec le soutien des mêmes superstars que « Rockestra Theme » : s'il est moins percutant que ce dernier, « Glad To See You Here » réussit à réveiller l'auditeur quelque peu endormi. L'album se termine sur « Baby's Request », encore un hommage du bassiste au jazz des années folles, sympathique mais léger.


L'album est inégal avec une première face quasi sans faute mais une deuxième décevante. La critique est partagée mais le public le boude, lui reprochant encore une fois de ne pas inclure le succès du moment (« Good Night Tonight »).
 

Les mois qui suivent voient le groupe répéter pour une prochaine tournée mondiale. Quelques dates de chauffe en Angleterre se déroulent plutôt bien, suivies d'un break puis de la participation en Décembre 1979 à un concert au profit du peuple cambodgien suite au terrible règne des khmers rouges, organisé par Paul McCartney et Kurt Waldheim, secrétaire général de l'O.N.U. Y participent les Who, Queen, The Clash, Ian Dury, Elvis Costello, Rockpile, The Pretenders, The Specials etc.


La rumeur enfle que les Beatles pourraient se reformer à cette occasion mais il n'en est finalement rien. Ce qui n'empêche pas la série de concerts d'être un gros succès et l'occasion pour les Wings de jouer le Rockestra Theme en compagnie de leurs invités de prestige : les mêmes que sur la version studio plus les Pretenders et Robert Plant. La série de concerts donnera lieu à la sortie d'un triple album intitulé « Concerts For the People Of Kampuchea » en 1980.



1980 qui commence en janvier par le début de la tournée mondiale au Japon. À son arrivée à l'aéroport de Narita, la douane japonaise découvre dans les bagages de Paul une petite quantité de cannabis. Au pays du soleil levant, on ne rigole pas avec ce genre de découverte. Paul est aussitôt incarcéré, laissant Linda et le reste du groupe dans le désarroi. Les fans également qui attendaient ces dates avec impatience, la précédente tournée en 1976 ayant été annulée au dernier moment.


Las, Paul est maintenu en détention, Denny Laine, Laurence Juber et Steve Holly repartent en Angleterre et les organisateurs de la tournée se voient contraints d'annuler une nouvelle fois. Les disques de Paul McCartney se voient même interdits d'antenne à la radio et la télévision japonaise. Linda reste auprès de Paul et après deux semaines de pourparlers incluant des diplomates anglais et Onusiens, le bassiste est relâché contre une forte caution et interdit de territoire. Il rentre en Angleterre sous le regard courroucé de l'establishment et les quolibets des punks.


Il s'enferme seul en studio pour y enregistrer l'album « McCartney II ». Comme en 1970 avec les Beatles, la séparation des Wings s'est faite dans les rancoeurs, les musiciens reprochant sa légèreté a Paul, le chanteur leur reprochant de l'avoir abandonné, lui et sa femme, dans la tourmente japonaise.



L'album sera enregistré rapidement et divisera les fans : beaucoup considèrent cet album bricolé à la maison comme son pire effort, d'autres y voient l'extraordinaire capacité du musicien à se renouveler. « Temporary Secretary », un titre très robotique que l'on pourrait croire échappé des studios Kling-Klang de Kraftwerk est ainsi le symbole de ce schisme entre fans. Ailleurs, la ballade « Waterfall » ravit les « classiques ».








L'album connaîtra tout de même le succès grâce au single « Coming Up », titre neo-disco dans la veine de « Good Night Tonight » qui sera un tube aux U.S.A.

Un titre qui boucle la boucle : sur la face B, le même titre figure, enregistré en public avec les… Wings lors des concerts anglais de 1979. Ultime hommage ou pied-de-nez au groupe ? Toujours est-il que dans la video du morceau, Paul est accompagné d'un groupe de musiciens tous joués par… Paul lui-même ; quant à ses deux choristes, ce sont toutes les deux…. Linda !



La fin de l'année 1980 est marquée par l'assassinat de John Lennon, un traumatisme tel pour le bassiste qu'il en perdra la capacité à exprimer ses sentiments, comme si l'accumulation de chocs et le repli sur soi l'avaient laissé exsangue.



Toujours est-il qu'au moment de rentrer en studio en 1981 pour enregistrer « Tug Of War » (qui ne paraîtra qu'en 1982), chant du cygne de cette décennie du bassiste avant un long passage à vide, Paul McCartney fait appel à George Martin, le metteur en son des Beatles, qui n'a aucun mal à le convaincre d'oublier l'idée de traîner encore avec lui un nom de groupe. Le sien suffit amplement !


Un choix encore valide aujourd'hui, où certains de ses accompagnateurs jouent depuis plus de 25 ans en sa compagnie. Fidèles et (relativement) anonymes.


Bel été à tous. Keep spinning !



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