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PIERRES QUI ROULENT ET TARTE FLAMBÉE !

Mis à jour : juil. 10



Les héros du peuple sont indestructibles ! La preuve ? Alors qu'ils tutoient l'âge où certains ne songent guère qu'à la partie de backgammon de l'après-sieste dans une résidence pour personnes âgées, les Rolling Stones et Paul McCartney continuent de creuser leur sillon musical avec aplomb !


Les premiers ont créé la surprise en sortant un nouveau titre pendant le confinement, disponible chez votre disquaire sur un vinyle orange du plus bel effet. Un seul titre malheureusement (la face B est lisse, ce qui a au moins l'avantage de permettre le réglage de l'anti-skating), mais un morceau qui rappelle les belles heures stoniennes du début des 70’s.



On jurerait Living In A Ghost Town tout droit sorti des sessions de It's Only Rock'n'Roll même si l'on attend en vain les enluminures de Mick Taylor qui illuminaient cet album. Un 33t que l'on retrouve d'ailleurs dans une série de rééditions sorties le même jour que le nouveau maxi : de Sticky Fingers (1971 et la célèbre pochette d'Andy Warhol) à A Bigger Bang (le dernier album de chansons originales en 2005), tous les albums du groupe (à l'exception notable de Some Girls) sont ressortis en éditions limitées, remasterisés en « half speed » dans les studios d'Abbey Road.


Ce procédé de remasterisation, réalise à vitesse lente, permet de faire ressortir du mix les caractéristiques des basses et des mediums, le stylet graveur emmagasinant, du fait du ralentissement de la vitesse, des informations plus précises et plus fiables. Seuls les aigus ne bénéficient pas d’une amélioration de la prise de son, mais la balance est ensuite corrigée pour éviter un déséquilibre du rendu. Pour une fois, ces rééditions sont proposées à des prix tout à fait abordables, même pour les albums doubles, le procédé n'étant valable qu'à condition de proposer des vinyles aux sillons plus larges, et donc aux faces plus courtes. Ce qui en fait un support de choix pour le Jukebox Orphéau, vous évitant de vous lever toutes les douze minutes !



Ci-contre, trois titres qui bénéficient pleinement de ce traitement sonore et qui prouvent l'étendue de la palette du groupe : Harlem Shuffle (1986 – un rhythm’n’blues de Bob & Earl irrésistible, et un très bon résumé de ce qu'étaient les années 80), Time Waits For No One (1973 – une ballade bluesy) et Hot Stuff (1976 – un funk torride).

D'autres artistes ont bénéficié de ces remasters à vitesse réduite : Peter Gabriel, Queen, Brian Eno, The Who, à chaque fois dans les studios Abbey Road où seul un ingénieur travaille selon cette méthode très complexe techniquement, très éprouvante humainement (imaginez passer 12 heures par jour à ajuster les réglages à la milliseconde près sur des morceaux qui tournent à la moitié de leur vitesse) et donc très onéreuse financièrement !


Et comme au bon vieux temps, lorsqu'un Stones pointe le bout de son nez, un Beatle n'est jamais bien loin ! Paul McCartney, deux ans après la sortie de l'époustouflant Egypt Station, réédite, en cette fin du mois de juillet, un de ses plus beaux albums (presque) solo. Flaming Pie, 1997, le voit travailler sous la houlette de Jeff Lynne (la tête pensante d'Electric Light Orchestra et le complice de George Harrison, Tom Petty, Roy Orbison et Bob Dylan dans l'aventure Traveling Wilburys, notamment). Il y joue de tous les instruments hormis sur trois morceaux où il reçoit l'aide de Steve Miller et d'un certain Ringo Starr.


Mais ce qui fait la force de cet album, c'est la qualité des compositions qui retrouvent le niveau des meilleurs moments des premiers albums du bassiste (McCartney, Ram, Wild Life) dans des compositions comme Young Boy, Calico Skies et The Song We Were Singing. Sa femme Linda est omniprésente, si ce n'est vocalement, du moins dans l'inspiration de ce disque qui sera la dernier qu'elle entendra de son vivant. Ce qui ajoute encore à l'émotion que l'on ressent à l'écoute de ce mini-chef d'œuvre, largement acoustique, champêtre et sans prétention.


L'album est, lui aussi, remasterisé à vitesse lente, ce qui devrait faire ressortir les teintes boisées des guitares acoustiques, magnifiquement mises en valeur déjà dans la version originale de l'album.



Alors, que vous soyez plutôt Stones ou plutôt Beatles (débat stérile s'il en est…), vous aurez ce mois-ci de quoi satisfaire votre soif d'écoute, dans des conditions exceptionnelles.


Keep spinning ! François Major Dude

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